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OSSENDOWSKI Ferdynand Bêtes, hommes et dieux. A travers la Mongolie interdite, 1920-1921 Librairie Eklectic

Bêtes, hommes et dieux. A travers la Mongolie interdite, 1920-1921

Auteur : OSSENDOWSKI Ferdynand
Editeur : PHEBUS         collection : Libretto
Nombre de pages : 288
Date de parution : 01/12/2008 (1ére édition 1995)
Forme : Livre ISBN : 2859406808
PHEBUS03

NEUF habituellement en stock
Prix : 9.70€

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Dans les premières semaines de l´année 1920, je me trouvais en Sibérie, à Krasnoïarsk. La ville est située sur les rives de l´Ienisseï, ce noble fleuve qui prend sa source dans les montagnes de Mongolie, baignées de soleil, et va verser sa chaleur et sa vie dans l´océan Arctique. C´est à son embouchure que, par deux fois, Nansen vint ouvrir au commerce de l´Europe une route vers le coeur de l´Asie. C´est donc à Krasnoïarsk, au plus profond du calme hiver de Sibérie, que je fus soudain emporté dans le tourbillon de la révolution qui faisait rage sur toute la surface de la Russie, semant dans ce pays riche et paisible la vengeance, la haine, le meurtre et bien d´autres crimes encore que ne punit pas la loi. Nul ne pouvait prévoir l´heure fatale qui déciderait de son destin. Les gens vivaient au jour le jour, sortaient de chez eux sans savoir s´ils y reviendraient, s´ils ne seraient pas plutôt happés au beau milieu de la rue et jetés dans les geôles du comité révolutionnaire, parodie de tribunal plus terrible et plus sanguinaire que celui de l´Inquisition. Etrangers à ce pays bouleversé, nous n´étions pourtant pas nous-mêmes à l´abri de ces persécutions.Un matin que j´étais en visite chez un ami, on vint m´informer soudain que vingt soldats de l´armée Rouge cernaient ma demeure pour m´arrêter et qu´il me fallait fuir sur-le-champ. Aussitôt j´empruntai un vieux costume de chasse à mon ami et, muni d´une petite somme d´argent, m´échappai en toute hâte, à pied, par les petites rues de la ville. J´atteignis bientôt la grand´route et engageai les services d´un paysan qui, en quatre heures, m´avait transporté à une trentaine de verstes 1 et déposé au milieu d´une région très boisée. En chemin, j´avais acheté un fusil, trois cents cartouches, une hache, un couteau, un manteau en peau de mouton, du thé, du sel, des biscuits et une bouilloire. Je m´enfonçai au coeur de la forêt et parvint à une cabane abandonnée, à moitié calcinée. Dès ce jour, je menai l´existence d´un trappeur, mais j´étais bien loin de me douter à quel point cet état forcé allait se prolonger."


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Dans les premières semaines de l´année 1920, je me trouvais en Sibérie, à Krasnoïarsk. La ville est située sur les rives de l´Ienisseï, ce noble fleuve qui prend sa source dans les montagnes de Mongolie, baignées de soleil, et va verser sa chaleur et sa vie dans l´océan Arctique. C´est à son embouchure que, par deux fois, Nansen vint ouvrir au commerce de l´Europe une route vers le coeur de l´Asie. C´est donc à Krasnoïarsk, au plus profond du calme hiver de Sibérie, que je fus soudain emporté dans le tourbillon de la révolution qui faisait rage sur toute la surface de la Russie, semant dans ce pays riche et paisible la vengeance, la haine, le meurtre et bien d´autres crimes encore que ne punit pas la loi. Nul ne pouvait prévoir l´heure fatale qui déciderait de son destin. Les gens vivaient au jour le jour, sortaient de chez eux sans savoir s´ils y reviendraient, s´ils ne seraient pas plutôt happés au beau milieu de la rue et jetés dans les geôles du comité révolutionnaire, parodie de tribunal plus terrible et plus sanguinaire que celui de l´Inquisition. Etrangers à ce pays bouleversé, nous n´étions pourtant pas nous-mêmes à l´abri de ces persécutions.Un matin que j´étais en visite chez un ami, on vint m´informer soudain que vingt soldats de l´armée Rouge cernaient ma demeure pour m´arrêter et qu´il me fallait fuir sur-le-champ. Aussitôt j´empruntai un vieux costume de chasse à mon ami et, muni d´une petite somme d´argent, m´échappai en toute hâte, à pied, par les petites rues de la ville. J´atteignis bientôt la grand´route et engageai les services d´un paysan qui, en quatre heures, m´avait transporté à une trentaine de verstes 1 et déposé au milieu d´une région très boisée. En chemin, j´avais acheté un fusil, trois cents cartouches, une hache, un couteau, un manteau en peau de mouton, du thé, du sel, des biscuits et une bouilloire. Je m´enfonçai au coeur de la forêt et parvint à une cabane abandonnée, à moitié calcinée. Dès ce jour, je menai l´existence d´un trappeur, mais j´étais bien loin de me douter à quel point cet état forcé allait se prolonger."